Doctrine du général Gerasimov et guerre hybride

Генерал Армии Валерий Герасимов
Pana­rin Igor Niko­lae­vich - Pro­fes­seur, doc­teur en sciences poli­tiques

Ce document tente de systématiser certaines approches du terme « guerre hybride », qui est déjà très populaire aujourd’hui, en tenant compte de la présentation conceptuelle du général Valery Gerasimov, chef de l’état-major des forces armées russes, lors d’une réunion générale de l’Académie des sciences militaires le 1er mars 2019.

  1. Qu’est-ce qu’une guerre hybride ?

L’Empire bri­tan­nique est le prin­ci­pal enne­mi his­to­rique de la Rus­sie, le fon­da­teur de la créa­tion d’une métho­do­lo­gie de guerre hybride. Elle ne devint un empire qu’à l’aide d’intrigues et de pro­vo­ca­tions, puis elle espé­rait pré­ser­ver son pou­voir mon­dial en recou­rant à un ensemble com­plexe de méthodes de guerre secrètes, notam­ment. L’expression la plus en vue des idées impé­riales bri­tan­niques au XIXe siècle était celle de deux per­sonnes : Lord Pal­mers­ton et l’homme d’affaires Cecil Rhodes. Au 19ème siècle, la Rus­sie est entrée dans une confron­ta­tion géo­po­li­tique avec l’Angleterre, qui crai­gnait beau­coup de perdre ses colo­nies (Inde, etc.). Les condi­tions favo­rables à l’intervention de l’Angleterre ont créé la guerre du Cau­case, entra­vé les forces de la Rus­sie. Les Bri­tan­niques ont finan­cé les actions sub­ver­sives des High­lan­ders. En fait, c’est alors que les Bri­tan­niques ont lan­cé une guerre hybride glo­bale contre la Rus­sie. C’est l’Angleterre qui a finan­cé les mon­ta­gnards de Tchét­ché­nie et du Daghes­tan, diri­gés par Avar Sha­mil.

Le prin­ci­pal orga­ni­sa­teur de la guerre hybride contre la Rus­sie était Lord Pal­mers­ton. Pen­dant 35 ans, Lord Pal­mers­ton a été secré­taire aux affaires étran­gères, puis pre­mier ministre. Sur le conti­nent euro­péen, il s’appelait Lord Pyro. Son objec­tif – conqué­rir le monde selon la volon­té de Londres. Lors d’une des réunions du Par­le­ment bri­tan­nique, il a décla­ré : « Où que les Bri­tan­niques soient dans le monde, il peut tout faire, car le sou­tien de la marine royale est der­rière lui ».

La Rus­sie était une excep­tion – elle menait une poli­tique étran­gère indé­pen­dante, sans tenir compte des habi­tudes impé­riales des auto­ri­tés bri­tan­niques. Pal­mers­ton a déci­dé de remé­dier à cette situa­tion et a enta­mé les pré­pa­ra­tifs de la guerre avec la Rus­sie, ins­crite dans l’histoire sous le nom de guerre de Cri­mée. Lord Pal­mers­ton orga­ni­sa habi­le­ment la pro­duc­tion de drogues en Inde et en Afgha­nis­tan, qui tuèrent des dizaines de mil­lions de Chi­nois, puis orga­ni­sa des « guerres de l’opium » avec l’empire chi­nois. Seules deux nations demeurent invain­cues et capables d’opposition : les États-Unis et la Rus­sie. Lord Pal­mers­ton devient l’idéologue de la scis­sion et de la guerre civile amé­ri­caine. Dans le même temps, il orga­nise l’incitation d’un sen­ti­ment anti-russe en Pologne afin d’envoyer des baïon­nettes euro­péennes contre la Rus­sie. « Comme il est dif­fi­cile de vivre dans le monde quand per­sonne ne se bat avec la Rus­sie » – ces paroles du Pre­mier ministre bri­tan­nique Lord Pal­mers­ton sont tou­jours d’actualité. Pen­dant la guerre de Cri­mée (1853–1856), l’Angleterre, s’appuyant sur une puis­sante coa­li­tion (Angle­terre, France, Tur­quie et même l’Autriche), ten­ta de res­tau­rer le Cau­case en tant que tam­pon entre la Rus­sie et les puis­sances musul­manes. La guerre de Cri­mée, orga­ni­sée par le Rus­so­phobe Pal­mers­ton, s’est dérou­lée sur de nom­breux théâtres d’opérations mili­taires.

Et plus de 160 ans ont pas­sé. De nou­veau, la Grande-Bre­tagne est l’organisateur de la guerre hybride inté­grée de l’Occident contre la Rus­sie. La gra­vure vir­tuelle de S.Skripal est un inci­dent sur­ve­nu le 4 mars 2018. à Salis­bu­ry (Royaume-Uni) avec un traître et sa fille âgée de 33 ans, Yulia, citoyenne russe, venue de Mos­cou pour rendre visite à son père. Mais déjà le 14 mars 2018 . Le Pre­mier ministre bri­tan­nique The­re­sa May a offi­ciel­le­ment accu­sé la Rus­sie d’avoir ten­té de tuer Skry­pal et sa fille. May a annon­cé qu’en réponse à l’empoisonnement, les contacts bila­té­raux avec la Rus­sie seraient sus­pen­dus à un niveau éle­vé et que 23 diplo­mates russes seraient expul­sés du Royaume-Uni.

De notre point de vue, l’idéologie de la guerre hybride a com­men­cé à se déve­lop­per dans l’empire bri­tan­nique, qui, avec ses outils, est deve­nu le plus grand empire du monde, puis par l’organisation de deux guerres mon­diales a pu détruire tous les autres empires (russe, alle­mand, etc.). En Occi­dent, en par­ti­cu­lier en Grande-Bre­tagne et aux États-Unis, des idées et des plans ont été mis au point pour uti­li­ser le sabo­tage secret et des opé­ra­tions ter­ro­ristes et infor­ma­tives et idéo­lo­giques pour infli­ger une défaite géo­po­li­tique mon­diale à l’ennemi et, si pos­sible, ren­ver­ser le « régime » répré­hen­sible ou détruire le pays. Deux fois au XXe siècle, la Rus­sie est vic­time de ces plans secrets de l’Occident – elle a été divi­sée à deux reprises – en février 1917 et en 1991. Avant l’effondrement de la Rus­sie et de l’URSS, elle a subi l’impact d’un ensemble d’opérations secrètes menées à la fois par les ser­vices de ren­sei­gne­ment occi­den­taux et et les struc­tures civiles affi­liées ( ONG ) et autres évé­ne­ments divers de la guerre hybride, conçus pour exer­cer une pres­sion com­plexe sur notre pays (pres­sions finan­cières et éco­no­miques, infor­ma­tion­nelles, idéo­lo­giques, poli­tiques et diplo­ma­tiques, sanc­tions, effon­dre­ments de prix et huile, etc.).

Le coup d’État de février 1917, qui a entraî­né le ren­ver­se­ment de l’autocratie et l’effondrement de l’empire russe, peut être consi­dé­ré comme une opé­ra­tion réus­sie de la guerre hybride contre la Rus­sie menée par les forces de la franc-maçon­ne­rie occi­den­tale et du ren­sei­gne­ment bri­tan­nique MI6. Ce n’est un secret pour per­sonne que les prin­ci­paux acteurs du coup d’Etat de février (maçons, libé­raux et conspi­ra­teurs de géné­raux) ont été sou­te­nus par les Bri­tan­niques et gou­ver­nés depuis Londres. La stra­té­gie occi­den­tale moderne de la guerre hybride a com­men­cé à se déve­lop­per dans le cadre de la « guerre froide » (1946–1991), lan­cée contre l’URSS à l’initiative de Wins­ton Chur­chill. La guerre froide était en fait une guerre hybride menée par l’Occident contre l’URSS . Au cours de cette guerre, de vastes actions sub­ver­sives idéo­lo­giques et éco­no­miques ont été menées, la for­ma­tion « d’agents d’influence » de l’Ouest dans l’élite sovié­tique se pour­sui­vait, l’URSS était déli­bé­ré­ment entraî­née dans une course aux arme­ments éprou­vante, dans la guerre en Afgha­nis­tan, etc.

Et main­te­nant, je vou­drais don­ner ma défi­ni­tion, qui a été for­mu­lée pour la pre­mière fois en jan­vier 2016 , puis publiée à la p.212 dans le livre « La guerre hybride contre la Rus­sie (1816–2016)».

La guerre hybride est une com­bi­nai­son de méthodes de forces mili­taires, de pres­sions poli­ti­co-diplo­ma­tiques, finan­cières et éco­no­miques, d’informations psy­cho­lo­giques et tech­niques, ain­si que de tech­no­lo­gies telles que les révo­lu­tions de cou­leur, le ter­ro­risme et l’extrémisme, des ser­vices spé­ciaux, des forces spé­ciales et des forces publiques. diplo­ma­tie, réa­li­sée sur un seul plan par les organes gou­ver­ne­men­taux de l’Etat, le bloc mili­ta­ro-poli­tique ou les socié­tés trans­na­tio­nales.

Les objec­tifs d’une guerre hybride sont la dés­in­té­gra­tion totale ou par­tielle de l’État, un chan­ge­ment qua­li­ta­tif de sa poli­tique inté­rieure ou étran­gère, le rem­pla­ce­ment de la direc­tion de l’État par des régimes loyaux, l’instauration d’un contrôle externe idéo­lo­gique, finan­cier et éco­no­mique sur le pays, son chaos et sa subor­di­na­tion à la dic­ta­ture par d’autres États ou des mul­ti­na­tio­nales.

L’état moderne du déve­lop­pe­ment des rela­tions inter­na­tio­nales se carac­té­rise par la forte pres­sion poli­tique, infor­ma­tion­nelle et éco­no­mique exer­cée par l’Occident contre la Rus­sie, qui fait par­tie inté­grante de la stra­té­gie occi­den­tale d’une guerre hybride visant à la dés­in­té­gra­tion de l’espace eur­asien, à la créa­tion du chaos et de l’instabilité en Eur­asie.

La stra­té­gie de guerre hybride est éla­bo­rée par les États-Unis et l’OTAN depuis de nom­breuses années. L’augmentation de l’influence sur la pré­pa­ra­tion, le dérou­le­ment et l’issue d’une guerre mon­diale d’une com­bi­nai­son d’éléments de com­po­santes mili­taires et irré­gu­lières est consi­dé­rée comme un nou­vel élé­ment de la guerre. Le terme « guerre hybride » est appa­ru dans la lit­té­ra­ture mili­taire amé­ri­caine il y a plus de 10 ans. Aux États-Unis, en 2005, le géné­ral amé­ri­cain James Mat­tis, ancien chef du Penta­gone, et le colo­nel Frank Hoff­man ont publié un article his­to­rique inti­tu­lé « L’avenir de la guerre : la mon­tée des guerres hybrides ». En 2010, dans le concept de l’OTAN, appe­lé concept de Caps­tone du com­man­de­ment bi-stra­té­gique de l’OTAN, les menaces « hybrides » sont offi­ciel­le­ment défi­nies comme les menaces posées par l’adversaire, qui peuvent simul­ta­né­ment adap­ter des moyens tra­di­tion­nels et non tra­di­tion­nels pour atteindre leurs propres objec­tifs. En 2012, le livre « Les hos­ti­li­tés hybrides : com­battre un adver­saire com­plexe de l’Antiquité à nos jours », publié par l’historien William­son Mur­ray et le colo­nel Peter Man­sur, est deve­nu connu dans des cercles étroits. Les approches amé­ri­caines ont peu à peu péné­tré dans l’OTAN. Dans la décla­ra­tion finale du som­met de l’OTAN, tenu en Écosse en sep­tembre 2014, pour la pre­mière fois au niveau offi­ciel, il était indi­qué qu’il était néces­saire de pré­pa­rer l’alliance à par­ti­ci­per aux guerres d’un nou­veau type : les guerres hybrides. Et en décembre 2015, une nou­velle stra­té­gie de lutte hybride a été adop­tée lors du som­met des ministres des Affaires étran­gères de l’OTAN.

La stra­té­gie de guerre hybride de l’OTAN implique la domi­na­tion de la pro­pa­gande tota­li­taire et vise à dés­in­té­grer l’espace eur­asien, à créer le chaos et l’instabilité dans les États voi­sins de la Rus­sie en uti­li­sant la tech­no­lo­gie des « révo­lu­tions de cou­leur », la guerre de l’information, le ter­ro­risme et l’extrémisme, la pres­sion finan­cière et éco­no­mique et la coer­ci­tion mili­taire. Un exemple de guerre hybride de l’OTAN contre la Rus­sie est le 12 juillet 2017, les repré­sen­tants de l’OTAN ont affi­ché sur Inter­net une vidéo de huit minutes sur laquelle les « frères de la forêt » sont des héros enga­gés exclu­si­ve­ment dans la lutte pour l’indépendance de leurs pays vis-à-vis de l’URSS. Les auteurs de la vidéo notent éga­le­ment que l’esprit des « frères de la forêt » réside dans les uni­tés spé­ciales modernes des forces armées des trois pays baltes.

2. réponse russe

Le poten­tiel poli­ti­co-mili­taire de la Rus­sie doit s’inscrire dans une com­bi­nai­son de « soft power » et de « hard power » : vous devez être en mesure d’interagir avec les struc­tures de diplo­ma­tie publique, les orga­ni­sa­tions non gou­ver­ne­men­tales et les ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales qui uti­lisent les leviers de l’influence poli­tique, éco­no­mique et infor­ma­tion­nelle, y com­pris les forces d’opérations spé­ciales. Une par­tie de l’élite poli­ti­co-mili­taire de la Rus­sie com­prend le degré de dan­ger des menaces d’une guerre hybride contre la Rus­sie. En témoigne le dis­cours pro­non­cé lors de la réunion annuelle de l’Académie des sciences mili­taires le 27 février 2016, à l’intention du chef de l’état-major géné­ral des forces armées russes, le géné­ral Vale­ry Gera­si­mov, au sujet des carac­té­ris­tiques des guerres modernes de nature hybride, dont les révo­lu­tions de cou­leur et les évé­ne­ments de puis­sance douce. Il a appe­lé l’attention sur le fait que « les actions indi­rectes et asy­mé­triques et les méthodes de conduite de guerres hybrides per­mettent de pri­ver la par­tie adverse de la sou­ve­rai­ne­té effec­tive sans s’emparer du ter­ri­toire de l’État ». Les guerres hybrides ont com­men­cé à tou­cher tous les aspects de la vie, y com­pris la culture et l’information, et nous ne devrions pas nous attendre à un affai­blis­se­ment de ce pro­ces­sus, a décla­ré Ser­gey Nary­sh­kin, direc­teur des ser­vices de ren­sei­gne­ments étran­gers, lors de la VIe Confé­rence de Mos­cou sur la sécu­ri­té inter­na­tio­nale, le 27 avril 2017. Dans le même temps, il convient de noter que les consé­quences sys­té­miques des leçons tra­giques de l’effondrement de l’empire russe en février 1917 et de l’URSS en 1991 n’ont pas encore été tirées.

Le 4 mars 2019, Red Star a publié le texte intégral de la déclaration stratégique du général de l’armée, Valery Gerasimov, chef de l’état-major des forces armées russes, lors d’une assemblée générale de l’Académie des sciences militaires le 1 er mars 2019. Voici les thèses essentielles de son discours :

1. Dans les condi­tions modernes, le prin­cipe de la guerre a évo­lué, repo­sant sur l’utilisation coor­don­née de mesures mili­taires et non mili­taires, le rôle déci­sif des forces armées.

2. Actuel­le­ment, les guerres se déve­loppent et leur conte­nu change de manière signi­fi­ca­tive. Le nombre de sujets impli­qués dans la lutte armée aug­mente. Aux côtés des forces armées d’États sou­ve­rains, divers gangs, socié­tés mili­taires pri­vées et « qua­si-États » auto­pro­cla­més se battent. Les moyens de pres­sion éco­no­mique, poli­tique, diplo­ma­tique, d’information, ain­si que la démons­tra­tion du pou­voir mili­taire dans le but de ren­for­cer l’efficacité des mesures non mili­taires sont acti­ve­ment uti­li­sés.

  1. Les forces armées doivent être prêtes à mener de nou­veaux types de guerres et de conflits armés en uti­li­sant des méthodes d’action clas­siques et asy­mé­triques.
  2. Les États-Unis et leurs alliés ont défi­ni le vec­teur agres­sif de leur poli­tique étran­gère. Ils déve­loppent des actions mili­taires offen­sives, telles que « frappe mon­diale », « bataille mul­ti-sphères », uti­li­sant la tech­no­lo­gie des « révo­lu­tions de cou­leur » et du « pou­voir doux ». Leur objec­tif est l’élimination de l’état d’État de pays non dési­rés, l’atteinte à la sou­ve­rai­ne­té, le chan­ge­ment d’organes léga­le­ment élus du pou­voir de l’État. C’était donc en Irak, en Libye et en Ukraine. Actuel­le­ment, des actions simi­laires sont obser­vées au Vene­zue­la.
  3. Le Penta­gone a com­men­cé à déve­lop­per une stra­té­gie de guerre fon­da­men­ta­le­ment nou­velle, qui a déjà été sur­nom­mée le « che­val de Troie ». Son essence réside dans l’utilisation active du « poten­tiel de pro­tes­ta­tion de la cin­quième colonne » dans le but de désta­bi­li­ser la situa­tion tout en atta­quant l’OMC sur les objets les plus impor­tants. Je tiens à sou­li­gner que la Fédé­ra­tion de Rus­sie est prête à s’opposer à ces stra­té­gies. Au cours des der­nières années, des scien­ti­fiques mili­taires et l’état-major ont mis au point des méthodes concep­tuelles pour neu­tra­li­ser les actes d’agression des adver­saires poten­tiels. « Notre réponse » repose sur la « stra­té­gie de défense active » qui, compte tenu de la nature défen­sive de la doc­trine mili­taire russe, pré­voit un ensemble de mesures visant à neu­tra­li­ser de manière proac­tive les menaces pesant sur la sécu­ri­té de l’État.

C’est la jus­ti­fi­ca­tion des mesures en cours d’élaboration qui devrait consti­tuer l’activité scien­ti­fique des scien­ti­fiques mili­taires. C’est l’un des domaines prio­ri­taires de la sécu­ri­té de l’État. Nous devons être en avance sur l’ennemi dans le déve­lop­pe­ment de la stra­té­gie mili­taire, faire « un pas en avant ».

6.Vot ce qu’il a dit sur la ques­tion de la confron­ta­tion d’informations. « Une ana­lyse de la nature des guerres modernes a mon­tré une aug­men­ta­tion signi­fi­ca­tive de l’importance d’un tel espace de confron­ta­tion en tant qu’information. Une nou­velle réa­li­té des guerres à venir consis­te­ra dans le trans­fert des actions mili­taires dans ce domaine par­ti­cu­lier. Dans le même temps, les tech­no­lo­gies de l’information sont en train de deve­nir l’un des types d’armes les plus pro­met­teurs. La sphère de l’information, sans fron­tières natio­nales clai­re­ment défi­nies, offre la pos­si­bi­li­té d’influencer secrè­te­ment, non seule­ment sur les infra­struc­tures d’information essen­tielles, mais éga­le­ment sur la popu­la­tion du pays, ce qui affecte direc­te­ment la sécu­ri­té natio­nale de l’État. C’est pour­quoi l’étude des ques­tions de pré­pa­ra­tion et de conduite d’actions infor­ma­tion­nelles est la tâche la plus impor­tante de la science mili­taire.  »

  1. Les tâches prin­ci­pales de la science mili­taire et leurs solu­tions
    Aujourd’hui , l’ essen­tiel pour la science mili­taire est qu’il soit à l’avance pra­tique de mener des recherches appro­fon­dies afin de déter­mi­ner la nature des conflits mili­taires, de mettre au point un sys­tème de formes et de méthodes d’action, mili­taires et non mili­taires, pour déter­mi­ner les orien­ta­tions du déve­lop­pe­ment des sys­tèmes d’armes et du maté­riel mili­taire.

Ain­si, dans le cadre de la mise en œuvre de la stra­té­gie de sécu­ri­té natio­nale de la Rus­sie du 31 décembre 2015, il est impor­tant de prendre en compte la ten­dance à gom­mer les dif­fé­rences entre l’état de guerre et la paix. Des méthodes d’influence infor­ma­tives et idéo­lo­giques non mili­taires uti­li­sant le poten­tiel de pro­tes­ta­tion de la popu­la­tion sont de plus en plus uti­li­sées. Ces moyens de lutte sont com­plé­tés par des mesures mili­taires secrètes, notam­ment une confron­ta­tion infor­ma­tion­nelle et les actions des forces d’opérations spé­ciales.

La spé­ci­fi­ci­té de la situa­tion actuelle est le taux de l’Occident sur les réseaux sociaux, où la domi­na­tion totale de l’Occident par le nombre d’abonnés est évi­dente :

FB 1. Dépar­te­ment d’État des États-Unis d’Amérique – Minis­tère des affaires étran­gères de la Fédé­ra­tion de Rus­sie (États-Unis) – 1 à 6

TWITTER 1. Dépar­te­ment d’État des États-Unis d’Amérique – Minis­tère des affaires étran­gères de la Fédé­ra­tion deRus­sie, Fédé­ra­tion de Rus­sie / États-Unis d’Amérique – 1 à 5

TWITTER des médias mon­diaux de la Fédé­ra­tion de Rus­sie / USA – 1 à 21

1. CNN (nou­velles chaudes) – 54,1 mil­lions

2.VVS – (Nou­velles chaudes) – 38,1 mil­lions

3. RT -     2 , 66 mil­lions (en anglais )

Minis­tère de la Défense de la Fédé­ra­tion de Rus­sie / États-Unis – Twit­ter 1 à 32 (174 000 et 5,7 mil­lions), FB – 1 à 7,6

Les don­nées de la socié­té « Media­lo­gia » sur l’évaluation des médias les plus cités dans les médias sociaux pour 2018 sont éga­le­ment alar­mantes.

Les 8 sta­tions de radio les plus citées dans les médias sociaux
Non Sta­tion de radio
1 Radio Liber­ty (svoboda.org) USA
2 Echo de Mos­cou (echo.msk.ru)
3 Voice of Ame­ri­ca # Ser­vice Russe (golos-ameriki.ru) USA
4 Mos­cou dit (govoritmoskva.ru)
5 Affaires FM (bfm.ru)
6 Kom­mer­sant-FM (kommersant.ru/fm)
7 Love Radio (loveradio.ru) ( Ves­ti FM en 2017 )
8 Radio 1 ( radio1.news)
Top 5 des res­sources Inter­net les plus citées dans les médias sociaux
Non Res­source Inter­net
1 Russian.rt.com
2 Meduza.io (Riga, Let­to­nie)
3 Rbc.ru
4 Lenta.ru
5 Bbc.com/russian (UK)

Il convient de gar­der à l’esprit que Medu­za . io a été créée le 20 octobre 2014 à Riga, un mois et demi après la créa­tion du Centre de com­mu­ni­ca­tion stra­té­gique de l’OTAN à Riga. 7 pays de l’OTAN par­ti­cipent aux tra­vaux du Centre – Alle­magne, Esto­nie, Let­to­nie, Ita­lie, Litua­nie, Pologne et Royaume-Uni. Sur cette base, il est pos­sible de sup­po­ser que Medu­sa est un ana­logue de l’unité spé­ciale du ren­sei­gne­ment bri­tan­nique MI-6 « White Hel­mets », opé­rant en Syrie et ayant pré­pa­ré plu­sieurs pro­vo­ca­tions infor­ma­tives liées à l’utilisation pré­su­mée d’armes chi­miques.

3. Mesures d’application de la doc­trine du géné­ral Gera­si­mov

Dans ces condi­tions, dans le cadre de la mise en œuvre de la doc­trine du géné­ral Gera­si­mov, il est pro­po­sé d’orienter les efforts des struc­tures éta­tiques de la Rus­sie dans les domaines sui­vants :

1. Créer une nou­velle struc­ture orga­ni­sa­tion­nelle (Bureau de la guerre contre-hybride), qui a avan­cé des points pour mettre en œuvre des mesures pour contrer (Smo­lensk, Pskov, Ros­tov-sur-le-Don, Vla­di­kav­kaz, Sébas­to­pol, Eka­te­rin­bourg, Vla­di­vos­tok).

Les tâches prin­ci­pales du Bureau :

Un) Contrer l’utilisation des tech­no­lo­gies de l’information pour désta­bi­li­ser la situa­tion poli­tique inté­rieure en Rus­sie.

B) Neu­tra­li­sa­tion de l’information et impact psy­cho­lo­gique visant à éro­der les valeurs spi­ri­tuelles et morales tra­di­tion­nelles.

Les acti­vi­tés des médias mon­diaux dans l’espace russe de l’information devraient repo­ser sur cinq prin­cipes fon­da­men­taux :

  • Dia­logue des civi­li­sa­tions.
  • Ami­tié des Nations.
  • Bonnes actions
  • Sou­ve­rai­ne­té spi­ri­tuelle
  • Digni­té de l’individu et du peuple.

C) Amé­lio­rer l’efficacité de la pré­ven­tion des infrac­tions com­mises à l’aide des tech­no­lo­gies de l’information et lut­ter contre ces infrac­tions, prin­ci­pa­le­ment la mani­pu­la­tion des flux d’informations, la dés­in­for­ma­tion visant à alté­rer l’environnement psy­cho­lo­gique et spi­ri­tuel de la socié­té, l’érosion des valeurs tra­di­tion­nelles cultu­relles, spi­ri­tuelles, morales, éthiques et esthé­tiques.

D). Contrer effi­ca­ce­ment l’utilisation des tech­no­lo­gies de l’information à des fins mili­ta­ro-poli­tiques contraires au droit inter­na­tio­nal. Blo­cage de la dif­fu­sion trans­fron­tière d’informations erro­nées et des infor­ma­tions dites « fausses », contraires aux prin­cipes et aux normes du droit inter­na­tio­nal, ain­si qu’à la légis­la­tion natio­nale des États

  1. Déve­lop­per une stra­té­gie de guerre contre-hybride de la Rus­sie.
  2. Jeter les bases du sys­tème éta­tique pour contrer les opé­ra­tions d’une guerre hybride contre les diri­geants et la popu­la­tion de la Rus­sie. Créa­tion d’unités d’opérations spé­ciales dans la struc­ture des forces pour les opé­ra­tions d’information et de psy­cho­lo­gie.
  3. La créa­tion d’une légis­la­tion natio­nale visant à contrer les tech­no­lo­gies de la guerre hybride, en par­ti­cu­lier les révo­lu­tions de cou­leur.
  4. Iden­ti­fier, diag­nos­ti­quer et blo­quer les acti­vi­tés des com­mu­ni­ca­teurs néga­tifs cher­chant à saper la sou­ve­rai­ne­té de l’information. Sur­veillance conti­nue de la blo­go­sphère et des réseaux sociaux afin d’empêcher la dif­fu­sion dans le pays russe d’informations néga­tives d’informations visant à pro­mou­voir l’extrémisme et le ter­ro­risme, la dis­corde inter­eth­nique et inter­con­fes­sion­nelle.
  5. Blo­cage pré­ven­tif de tous les canaux ( finan­ciers, infor­ma­tion­nels, orga­ni­sa­tion­nels) et des struc­tures d” assis­tance étran­gère et oli­gar­chique de l’opposition radi­cale et extré­miste.
  6. Neu­tra­li­sa­tion sys­té­ma­tique et ciblée des opé­ra­tions de guerre hybrides menées contre la Rus­sie.