L’effondrement du dollar – un début ?

Y a-t-il une chance de voir de vos propres yeux le déclin de la principale monnaie mondiale ? L’intention de la Russie, de l’Inde et de la Chine de procéder à des calculs en monnaies nationales n’y conduit-elle pas ? Quelle est l’importance de l’échange de pétrole entre Shanghai et le yuan ? Docteur en sciences politiques, le professeur Igor Panarin formule ses hypothèses. Vont-ils se réaliser, et si oui, combien de temps ? Pour comprendre cela, suivez attentivement la situation dans la sphère financière et économique mondiale.

Bon­jour chers amis ! Je suis un pro­fes­seur Pana­rin Igor Niko­lae­vich, doc­teur en sciences poli­tiques.

Aujourd’hui, nous abor­de­rons un sujet très vola­tile et dis­cu­table. Je ne pré­tends pas être excep­tion­nel, à vrai dire, mais je vou­lais que tous ceux qui visionnent cette vidéo essaient de poser la même ques­tion que moi : la chute du dol­lar – est-ce pos­sible ou non ? Est-ce un mythe ou une réa­li­té, ou peut-être une irréa­li­té ? Mais votre tâche consiste à écou­ter mes argu­ments et à ana­ly­ser le cours des évé­ne­ments actuels et sur­tout futurs du sys­tème moné­taire mon­dial.

Ain­si, en 2006, j’ai pro­po­sé de vendre du pétrole et du gaz russes en roubles. Cette idée a été sou­te­nue par le pré­sident russe Vla­di­mir Pou­tine. Le 10 mai 2006, dans son dis­cours à l’Assemblée fédé­rale, il a clai­re­ment défi­ni les tâches pour l’année à venir : pre­miè­re­ment : pas­ser à la vente de pétrole et de gaz en roubles et deuxiè­me­ment : créer une bourse du pétrole et du gaz à Saint-Péters­bourg. non seule­ment le gaz et le pétrole, mais pour­quoi ne pou­vons-nous pas vendre d’autres pro­duits ? Néan­moins, le blo­cage de ces ini­tia­tives, qui ont été sou­te­nues au plus haut niveau, a com­men­cé très rapi­de­ment et la bourse du pétrole de Saint-Péters­bourg a été créée, mais seule­ment en 2008. Et le volume des livrai­sons et des ventes en roubles sur cet échange est maigre, envi­ron un pour cent de la vente de pétrole en roubles.

Et ce fut ain­si jusqu’en 2014 envi­ron. En 2014, la socié­té russe Zaru­bezh­neft a pour la pre­mière fois ven­du une car­gai­son de pétrole au Viet­nam pour des roubles russes et les socié­tés russes ont com­men­cé à uti­li­ser le rouble pour vendre du pétrole et du gaz. Mais alors que le volume est mini­mal.

Et en octobre 2018, à mon avis, un docu­ment his­to­rique est signé, lequel est signé par les gou­ver­ne­ments russe et indien. Le fait est que la Rus­sie s’est enga­gée à four­nir à l’Inde des sys­tèmes de défense anti­aé­rienne S-400. Les Amé­ri­cains étaient caté­go­ri­que­ment contre, mais l’Inde a néan­moins pris cette déci­sion poli­tique et géo­po­li­tique.

Mais quel est l’objectif et où est le dol­lar ? Le fait est que notre gou­ver­ne­ment a conve­nu que le paie­ment, pour la pre­mière fois dans les rela­tions entre l’Inde et la Rus­sie dans le domaine des arme­ments, ne sera pas en dol­lars, mais en roubles. Autre­ment dit, la valeur approxi­ma­tive du contrat pour la four­ni­ture de plu­sieurs divi­sions du C-400 est d’environ 5 mil­liards de dol­lars. Mais les par­ties ont conve­nu que le paie­ment sera en roubles.

Ain­si, la Rus­sie sort du paquet dol­lar de ce plus impor­tant contrat d’armement avec son par­te­naire stra­té­gique, mili­ta­ro-poli­tique et tech­ni­co-mili­taire – l’Inde. C’est un élé­ment essen­tiel qui indique que les diri­geants russes se sont en prin­cipe tour­nés vers des actions concrètes.

Mais voyons main­te­nant ce qui se passe en géné­ral avec le dol­lar et le pétrole et quelles sont les pers­pec­tives d’un véri­table effon­dre­ment.

Si nous regar­dons la carte, nous voyons ici la mer Cas­pienne et les champs de pétrole de Bakou. C’est là qu’à la fin du XIXe siècle, pour la pre­mière fois au monde, les miné­raux ont com­men­cé à être exploi­tés et sont main­te­nant acti­ve­ment uti­li­sés. Le pétrole est la prin­ci­pale réa­li­sa­tion de l’Azerbaïdjan, qui fai­sait alors par­tie de l’empire russe.Bakou est deve­nue la pre­mière pêche­rie au monde.

Plus de cent ans ont pas­sé, des gise­ments de pétrole existent dans d’autres régions du monde, mais il existe tou­jours deux bourses de pétrole clés : à New York et à Londres, qui orga­nisent la vente de pétrole en dol­lars. Et le 26 mars 2018, un évé­ne­ment his­to­rique dans le domaine des tran­sac­tions pétro­lières à Shan­ghai a lieu : la Bourse du pétrole de Shan­ghai ouvre ses portes sur le ter­ri­toire de la Répu­blique popu­laire de Chine et com­mence à vendre du pétrole non pas en dol­lars, mais en yuan. Et regar­dez, six mois se sont écou­lés depuis mars 2018 et le volume des ventes en yuan a déjà repré­sen­té 11% du mar­ché mon­dial total du pétrole. C’est-à-dire que 89 sont res­tés du côté du dollar.C’est un suc­cès impres­sion­nant.

Pour­quoi ce suc­cès a-t-il été réa­li­sé dans les plus brefs délais – en six mois ? Cela a été réa­li­sé uni­que­ment parce que la Chine est deve­nue en 2017 le plus gros consom­ma­teur de pétrole et, selon les pré­vi­sions pour les 10 pro­chaines années, elle main­tien­dra fer­me­ment le lea­der­ship mon­dial sur la consom­ma­tion de pétrole. Par consé­quent, si une socié­té telle que Ros­neft, le plus grand four­nis­seur de pétrole du ter­ri­toire de la Répu­blique chi­noise, entre au Shan­ghai Oil Exchange ou, au contraire, que des contrats en mon­naies natio­nales sont conclus entre la Chine et la Rus­sie, le volume des échanges de pétrole en dol­lars appa­rem­ment, il tom­be­ra déjà à soixante-dix pour cent, et là-bas, l’effondrement du dol­lar n’est pas loin.

Bien sûr, il est peu pro­bable que l’effondrement du dol­lar se pro­duise au cours des deux pro­chaines années. D’autre part, si le rythme de la réorien­ta­tion des éco­no­mies natio­nales des trois géants : la Rus­sie, la Chine et l’Inde sera axé sur la dédol­la­ri­sa­tion, l’effet de la chute du dol­lar, y com­pris son effon­dre­ment, pour­rait deve­nir réa­li­té d’ici à 2020.

Alors sera-ce ou non ? Nous ver­rons … Mais je vous exhorte à regar­der de près l’actualité dans les domaines de la vente de pétrole, des ventes d’armes, de la conclu­sion de contrats en mon­naies natio­nales entre la Rus­sie et les pays de l’Union éco­no­mique eur­asienne et d’autres États. Cha­cun de ces accords en mon­naie natio­nale réduit for­te­ment la zone dol­lar, ce qui signi­fie qu’elle s’effondre.